L'Histoire / Synopsis
A Ouagadougou, Aïcha, 20 ans, est la fille modèle que tout le quartier cite en
exemple. Calme, obéissante, jamais dehors. Chez elle, la règle est simple et non
négociable : « On ne bouge pas. Les enfants de dehors font n’importe quoi. »
Aïcha n’a jamais fêté un anniversaire avec ses amies, jamais traîné après les cours.
Elle a appris à obéir, pas à choisir.
Son objectif est clair : pour une fois dans sa vie, décider par elle- même.
Le jour de ses vingt ans, elle obtient son bac et une chambre en cité universitaire.
Pour la première fois, il n’y a plus de portail qui se ferme à dix-huit heures. Elle
est libre.
Les premiers jours, on la voit découvrir la ville comme une enfant qui apprend à
marcher. Elle compte ses pas dehors. Puis très vite, l’ivresse prend le dessus. Par
ellipses, on la suit dans sa première semaine de liberté : elle sort tous les soirs,
rentre de plus en plus tard, boit, fréquente des filles qu’elle n’aurait jamais dû
approcher. Elle sourit. Enfin, elle vit.
Face à elle, deux obstacles se dressent. Son père, qui incarne l’éducation par
l’enfermement et qui débarque à la cité pour la ramener à la maison. Et ellemême
: on lui a appris à avoir peur du dehors, mais jamais à l’affronter. Elle ne sait
pas se fixer de limites.
Aïcha n’est pas parfaite. Elle est courageuse mais naïve, déterminée mais
excessive. C’est ce qui la rend attachante. Elle veut tellement rattraper le temps
perdu qu’elle fait n’importe quoi.
En parallèle, son petit frère de seize ans, resté enfermé à la maison, commence à
son tour à mentir et à fuguer. Plus le père serre la vis, plus la maison se vide.
Jusqu’à la nuit où Aïcha fait une grosse bêtise avec ses nouvelles fréquentations.
Seule, en danger, sans personne à appeler, elle comprend qu’on ne lui a jamais
appris à se tenir debout toute seule.
Punie, elle rentre à la maison. Le soir, à table, elle ne crie plus. Elle regarde son
père calmement et lui pose la question qui est le coeur du film :
« Papa, est-ce qu’éduquer, c’est enfermer ? Ou c’est apprendre à voler sans
tomber ? »
Son père ne répond pas. Pour la première fois, ce n’est plus elle qui baisse les
yeux. C’est lui. On lit dans son regard qu’il comprend : à force de vouloir la
protéger de tout, il ne l’a préparée à rien